Après les opérations de déguerpissement sans pitié en pleine saison de pluie dans les communes de Port-Bouët et Koumassi, le Front Populaire Ivoirien (FPI) du président Pascal Affi N’Guessan a, à travers un communiqué daté du samedi 13 juin 2026, vertement tancé le pouvoir RHDP et le procureur de la République pour leur manque de vigilance et la légèreté avec laquelle ils ont traité ces dossiers de déguerpissement. Ci-dessous l’intégralité de ce communiqué.
DÉCLARATION DU FPI SUR LES DÉGUERPISSEMENTS DRAMATIQUES À ABIDJAN
Depuis le début du mois de juin, le Front Populaire Ivoirien (FPI) constate un déguerpissement sans précédent par les autorités, dans des conditions météorologiques dantesques et une posture des plus inhumaines, des habitants de certains quartiers des communes du District d’Abidjan.
Il importe, avant tout développement, de dissocier la situation des populations de Vridi 3 et de celle des populations de Koumassi Campement ; bien que lesdites situations aient en commun le fait qu’elles se déroulent en pleine saison pluvieuse et en période d’examens scolaires de fin d’année.
I – FAITS ET ANALYSES
A – LA SITUATION DES DÉGUERPIS DE VRIDI 3
Une vaste opération de déguerpissement a été menée le 02 juin 2026 dans le quartier « Zimbabwe » à Vridi 3, situé dans la commune de Port-Bouët.
Conduite par le District Autonome d’Abidjan, cette opération de démolition, qui a impacté plus de quarante mille (40.000) personnes jetées à la rue avec d’importants dégâts matériels, a suscité une vive émotion et engendré des polémiques de tous ordres.
Pis, l’Administration a orchestré ce déguerpissement sauvage et inopportun sans observer la moindre procédure légale, encore moins le respect dû à la personne humaine, en pareille circonstance.
Avant l’exécution de ce funeste dessein, la population n’a reçu du juge administratif, compétent en la matière, aucune décision d’expulsion des occupants fondée sur un éventuel trouble du domaine public.
C’est sous le feu de la désapprobation, de la consternation et des complaintes des Ivoiriens, dans leur ensemble, que le District Autonome d’Abidjan n’a eu pour seules justifications que de qualifier ladite zone de zone « à risque » et de « non-vie » dont la destruction vise à protéger les populations face à la montée des eaux de pluie.
Par ailleurs, il ressort de témoignages factuels et foisonnants des populations déguerpies dudit quartier que les autorités du District d’Abidjan, au mépris de toute considération de la dignité humaine, ont usé de l’effet de surprise et jeté, sans ménagement, des familles entières dans la rue, privées de la moindre mesure de relocalisation et d’accompagnement.
Au surplus, le régime RHDP réaffirme, une fois de plus, sa posture dédaigneuse et condescendante vis-à-vis des populations, le modus operandi de son pouvoir depuis maintenant quinze ans.
B – LA SITUATION DES DÉGUERPIS DE KOUMASSI CAMPEMENT
Le 03 juin 2026, des engins de démolition ont rasé plus de trente (30) hectares d’habitations dans la cité Houphouët-Boigny, communément appelée « Campement ». L’opération a été orchestrée par un opérateur économique privé du nom de ALLOUI Brou Jacques, muni d’une prétendue décision de justice ayant force exécutoire et aidé par la Police Nationale.
La conséquence directe de cette opération est que des dizaines de familles se sont retrouvées sans abri en pleine saison pluvieuse, suscitant une tristesse généralisée et une vive polémique au sein de la population ivoirienne, ainsi que des appels à l’aide humanitaire avant que le Procureur de la République, par un communiqué en date du 06 juin 2026, n’apporte un démenti de l’existence d’une quelconque décision de justice autorisant monsieur ALLOUI Brou Jacques à exproprier lesdites familles.
Suite à ces événements d’une rare cruauté, la question légitime que les Ivoiriens sont en droit de se poser est :
Comment ces dysfonctionnements institutionnels et administratifs ont-ils pu se produire au point d’aboutir à une telle situation dramatique ?
Il n’est point surabondant de rappeler qu’en Côte d’Ivoire, le Procureur de la République est l’autorité judiciaire chargée par la loi d’ordonner et de veiller à l’exécution des décisions de justice et, si nécessaire, de réquisitionner la force publique afin de garantir la sécurité et l’application de la loi pendant que l’exécution matérielle de la décision de justice est menée par l’huissier.
De ce qui précède, il suit que le Procureur de la République n’est pas un tiers étranger dans la survenance de la situation dramatique que vivent les populations déguerpies de Koumassi-Campement ; en ce sens que la dizaine de cargos des forces de l’ordre n’auraient pas pu procéder à la sécurisation de l’opération de déguerpissement sans une réquisition formelle du Procureur de la République. L’éventualité de la non-implication de ce dernier dans cette opération d’expropriation illégale interrogerait sur la personne et la qualité du mandant de cette inique action.
II – LA POSITION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)
Le Front Populaire Ivoirien (FPI) :
* Exprime son amertume, sa compassion et sa solidarité à toutes les populations affectées par ces déguerpissements brutaux survenus dans des conditions humiliantes et inhumaines.
* Demande au Gouvernement de mettre en place hic et nunc un plan d’urgence de relocalisation prenant en compte la dignité de tout être humain, droit naturel consacré et protégé par la Constitution ivoirienne.
* Exige le dédommagement des déguerpis de Vridi 3 par l’État du fait du manquement à son obligation de mise en demeure des déguerpis ainsi que ceux de Koumassi-Campement in solidum de monsieur ALLOUI Brou Jacques, du fait de sa négligence ou de sa complicité.
* Exige une enquête indépendante afin de situer les responsabilités de cette double défaillance institutionnelle et administrative en ce qui concerne la destruction des propriétés privées sous l’encadrement bienveillant des forces de l’ordre.
* Demande que des clarifications soient apportées dans le processus d’acquisition par monsieur ALLOUI Brou Jacques, non seulement d’un bien du domaine public dont il était en charge, mais également de l’autorisation de remblayage des 34 hectares querellés.
* Attend impatiemment l’arrestation de monsieur ALLOUI Brou Jacques afin que ce dernier s’explique devant la justice au cours d’un procès public.
Fait à Abidjan, le 13 juin 2026
Le Secrétaire Général et Porte-parole
BARTHELEMY GNEPA