Le président du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) Laurent Gbagbo était ce samedi 16 août 2025 à la place Ficgayo dans la commune de Yopougon pour la clôture de l’opération « Côcôcô » initiée en début d’année dans la commune d’Adjamé pour prendre attache avec les populations du District d’Abidjan. Pour cette ultime étape, l’ancien président en a profité pour annoncer sa candidature pour l’élection présidentielle d’octobre 2025.
C’est une enceinte du Ficgayo noire de monde que le président du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire a choisi pour annoncer à ses militants et sympathisants qu’il est candidat pour le présidentielle à venir. « Je suis venu ici pour vous dire que je suis candidat contre le 4è mandat », a déclaré le président Gbagbo. Affirmant que le vrai sujet de ce jour est la question du 4è mandat.
Et de s’interroger comment quelqu’un va faire quatre mandats en Côte d’Ivoire ? « Je refuse », s’est-il offusqué avant de soutenir que la Constitution ivoirienne en la matière, est claire et précise. Elle interdit à un citoyen de faire plus de deux mandats. « Après le coup d’Etat de 1999, le général Guéi nous a convoqués et il nous a demandé de réfléchir à la rédaction d’une constitution. Et c’est là qu’on a trouvé qu’il fallait limiter le nombre de mandats à deux », a-t-il révélé, tout en précisant qu’au temps du père fondateur, Houphouët Boigny, la Constitution d’alors ne prévoyait pas de limitation de mandats.
Aussi a-t-il ajouté que quand on a fini son travail comme des personnalités illustres à travers le monde (Churchill, de Gaule, Mitterrand…) l’ont fait, on s’en va. Conseillant ainsi au président actuel de savoir partir. Par ailleurs, le président du PPA-CI a affirmé qu’il n’accepte pas qu’on joue de façon caricaturale avec l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Ce, parce qu’après que le RHDP a demandé au président Ouattara d’être son candidat, selon lui, c’est quand il rentre à l’Élysée et en ressort, il revient à Abidjan et le lendemain, annonce qu’il sera candidat.
« Or donc, c’est à l’Elysée on réfléchit ? C’est à l’Elysée qu’il prend ses réponses à donner à ses militants et à la Côte d’Ivoire ? », s’est interrogé l’ancien président. « On est indépendant ou on lutte pour l’indépendance ? Mais on n’est pas dépendant de l’Elysée, je refuse ça », s’est-il indigné. Et d’affirmer que « la Côte d’Ivoire est un pays libre. Un pays libre doit être libre.»
Aussi, le premier responsable du PPA-CI n’a pas manqué d’attirer l’attention de ses militants sur certains propos à caractère réducteur et xénophobe, tenus lors de la marche du front commun PDCI – PPA-CI du 9 août 2025 pour leur demander que cela ne se répète plus.
Poursuivant, le vice-président exécutif en charge de l’implantation du parti dira qu’à Marcory, il s’agissait de la démocratie. « Vous êtes le père de la démocratie en Côte d’Ivoire. Vous avez donné les conditions pour qu’une élection soit apaisée. Et d’affirmer que c’est à la sueur que vous avez obtenu des urnes transparentes. C’est-à-dire là-bas, vous avez dit que la Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une élection troublée », a-t-il noté. A l’étape de Cocody, indiquera-t-il, « vous avez parlé du foncier. En affirmant que le foncier pouvait être une cause de troubles, raison pour laquelle vous avez souhaité qu’une loi soit prise pour régler définitivement cette question du foncier que vous connaissez pour avoir parcouru toute la Côte d’Ivoire. »
Enfin, à Port-Bouët, « monsieur le président, vous avez dit que l’exclusion ne passera pas dans notre pays. Vous avez également dit qu’une élection présidentielle en mettant le président Gbagbo de côté, ne sera pas une élection crédible. Et d’indiquer qu’il ne devrait pas avoir de 4è mandat en Côte d’Ivoire », a souligné Stéphane Kipré.
« Nous sommes venus vous dire de garder espoir. À partir du moment où le PDCI-RDA est au côté du président Laurent Gbagbo, à partir du moment où nous avons mis en avant le front commun, un front pour le combat, on monte et on descend, ils vont tomber », a martelé Dia Houphouët, vice-président du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).
Le secrétaire général adjoint, Dahi Nestor, dira simplement qu’après la marche gigantesque du 9 août 2025, que les militants sont encore mobilisés et debout pour la victoire finale. Et de souligner qu’ils sont à un rendez-vous important avec leur leader, leur guide, leur candidat. C’est-à-dire leur futur président de la République, Laurent Gbagbo. Avant d’annoncer que le parrainage de leur leader est bouclé.
« C’est une candidature nationale et une candidature régionale. Son dossier est prêt y compris notre candidat. Gbagbo est un homme d’élections et non des coups d’Etat, de rébellions. Pour lui, une seule et unique voie d’accéder au pouvoir : les élections. Alors, nous allons nous battre pour qu’elles aient lieu, c’est-à-dire des élections transparentes et inclusives. Des élections où, le vainqueur ira saluer le vaincu et celui-ci reconnaîtra sa victoire », a déclaré le SGA Dahi Nestor.
« Tant qu’il aura des hommes et des femmes sensibles à la chose politique, ayant la conscience politique, nourris à l’idée que la justice, la démocratie et la liberté sont nos vertus cardinales, Gbagbo Laurent sera toujours là avec nous, pour nous guider vers la terre promise », s’est exprimé le SGA Konaté Navigué.
Il faut noter qu’à l’image de la semaine dernière, la place Ficgayo était bondée de monde. Tant les militants et les sympathisants des différents partis invités, ont convergé en masse pour écouter le premier responsable du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI)
Félix Yao